« Le marché des juniors a disparu » : l’enquête chiffrée de Tekkit sur l'avenir des talents IT face à l’IA

Le contexte : pourquoi Tekkit.io a donné la parole aux jeunes talents IT
Face à l'accélération fulgurante des technologies d'intelligence artificielle et aux incertitudes qui pèsent sur l'économie du secteur numérique, le marché du travail informatique vit une mutation sans précédent. Alors que les discours officiels vantent des besoins massifs de compétences tech, sur le terrain, les étudiants, stagiaires, alternants et jeunes diplômés font face à une réalité bien plus complexe : durcissement des critères de sélection, exigences d'expérience décalées et transformation des métiers traditionnels.
C'est pour briser le décalage entre les récits théoriques et l'expérience vécue par la nouvelle génération que Tekkit.io a lancé cette grande étude. L'objectif : prendre le pouls de la promotion 2026, analyser leurs attentes, leurs inquiétudes et leurs prétentions, afin de porter leur voix directement auprès de l'écosystème Tech, des recruteurs et des grands médias nationaux via un communiqué dédié.
Anonyme et menée auprès de 1 074 répondants représentatifs du secteur, cette enquête dresse le portrait sans filtre d'une génération pragmatique qui ne croit plus au « plein emploi automatique ».
1. Profil, statut et niveau d'études : qui sont les répondants ?
L'analyse du statut des participants montre un panel au cœur de la transition vers la vie active :
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68 % d'étudiants en cours de cursus : actuellement en formation initiale, en stage ou en contrat d'alternance.
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22 % de jeunes diplômés en recherche d'emploi : confrontés directement à la sélectivité accrue des recruteurs.
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10 % déjà en poste : apportant du recul sur l'évolution réelle de leurs missions quotidiennes.
Du côté de la pyramide des diplômes préparés ou obtenus :
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63 % de niveau Bac+4 / Bac+5 : issus de Masters universitaires ou de Diplômes d'ingénieur.
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24 % de niveau Bac+2 / Bac+3 : titulaires de BTS, BUT, Licences ou Bachelors.
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8 % de niveau Bac+6 et plus : issus de Mastères spécialisés ou de Doctorats.
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5 % de niveau < Bac+2 : engagés dans des parcours d'auto-formation ou d'insertion directe.
2. Typologie des établissements : la diversité des parcours tech
L'échantillon couvre la diversité des voies de formation du secteur numérique français :
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38 % d'Écoles d'ingénieurs (certifiées CTI) : filière historique de formation des cadres de l'IT.
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28 % d'Écoles privées d'informatique et du web : établissements type 42, Epitech ou HETIC.
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22 % d'Universités : cursus de Licences et Masters informatiques.
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12 % de Bootcamps et formations intensives : programmes courts de reconversion.
3. Baromètre d'inquiétude : un sentiment mesuré mais bien réel (Note moyenne : 5,8 / 10)
Interrogés sur une échelle de 1 (totalement serein) à 10 (extrêmement inquiet) quant à leur avenir professionnel face à l'accélération technologique, les répondants se situent dans un état d'esprit mitigé avec une note moyenne de 5,79 / 10 (arrondie à 5,8 / 10).
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Un sentiment divisé : la moyenne de 5,79 / 10 traduit un basculement où la prudence l'emporte légèrement sur l'optimisme, sans pour autant céder à la panique générale.
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Le poids de la spécialité : les craintes s'accumulent principalement chez les profils en reconversion ou en développement web junior, tandis que les répondants positionnés sur le Cloud/DevOps et la Cybersécurité tirent la moyenne vers la sérénité.
4. Spécialités et domaines de prédilection : où se concentrent les compétences ?
La répartition des filières montre une polarisation nette entre les métiers traditionnels du code et les domaines d'infrastructures ou de données :
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41 % en Développement & Software Engineering : le cœur historique des effectifs, aujourd'hui directement impacté par l'IA générative de code.
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19 % en Data (Data Science, Data Engineering, Analyst) : secteur toujours attractif, mais aux critères d'entrée rehaussés.
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15 % en Infrastructure, Cloud & DevOps : des compétences clés pour la gestion et le maintien des systèmes.
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11 % en Cybersécurité : filière sous haute tension sécuritaire et réglementaire.
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8 % en Produit, UX & UI : métiers axés sur l'expérience utilisateur et la conception.
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6 % de profils non encore spécialisés : étudiants en début de cursus explorant les options.
5. Le choc de l'IA : la parole brute des étudiants
Interrogés sur leur état d'esprit face à l'accélération technologique des deux dernières années, les 43 répondants à la question ouverte expriment des visions contrastées mais lucides.
A. L'angoisse du blocage sur les postes juniors
Un sentiment d'incertitude émerge face aux exigences de recrutement et à la réduction des ouvertures de postes pour les débutants.
Craintif. Nous développons de plus en plus de solutions d'automatisation et d'agents IA afin de réduire la charge mentale des employés, mais ceci conduit peu à peu à une suppression des postes IT juniors. Les rares offres qui existent démontrent une "déconnexion" entre les processus et critères de recrutement et la réalité du terrain, sans même parler des salaires qui sont tirés vers le bas avec le temps.
Témoignage issu de l'étude Tekkit.io
Cette réalité se traduit par une inquiétude directe sur la capacité à trouver un premier contrat :
Je suis inquiète par rapport au début de ma carrière ; je crains de ne pas pouvoir trouver assez vite une opportunité. On dirait que le marché des juniors a disparu. Ça craint et je suis presque accablée.
Témoignage issu de l'étude Tekkit.io
B. L'adaptation proactive et l'entrepreneuriat
Une autre partie du panel perçoit cette mutation comme un levier pour contourner les voies traditionnelles, notamment via le freelancing ou la création d'entreprise.
C'est une énorme opportunité de changer de voie et d'aller sur celle qui va fonctionner et qui fonctionne déjà : l'IA. C'est pour ça que je me suis lancé dans ma micro-entreprise pour créer des agents IA pour les TPE/PME. Mon secteur d'origine est mort, mais il faut savoir rebondir.
Témoignage issu de l'étude Tekkit.io
C. La réinvention des méthodes d'apprentissage
Pour une majorité d'étudiants, la réponse réside dans une veille constante et une auto-formation en dehors des salles de cours.
Dépassé par la vitesse de progression des environnements, mais motivé à faire de mon mieux pour talonner cette vitesse. [...] Il faut être très curieux, ouvert d'esprit et tester par soi-même en dehors des formations.
Témoignage issu de l'étude Tekkit.io
Conclusion : quel message pour les recruteurs ?
Les données de cette étude Tekkit.io mettent en garde l'ensemble de l'écosystème tech. Exiger deux à trois ans d'expérience pour des postes estampillés « juniors » tout en appuyant sur la baisse des coûts salariaux crée un goulot d'étranglement dangereux. Sans un investissement continu dans l'intégration et la formation des nouveaux diplômés, la filière risque de se priver des talents seniors dont elle aura besoin demain.
L'IA a-t-elle tué le premier emploi tech, ou exige-t-elle seulement une réinvention du rôle des juniors ? Partagez votre analyse en commentaire.
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