

La moitié des femmes quittent la tech après 35 ans : Pourquoi et comment inverser la tendance ?

L'événement Tech au Féminin s'est attaqué à un sujet tabou mais crucial avec la table ronde "La moitié des femmes quittent la tech après 35 ans : Pourquoi et comment inverser la tendance ?". Animé par Juliette Delas (Femmes@Numérique), ce panel a réuni Hana Amiri (Sonepar), Marisa Faraggi (OCTO Technology), Fabienne Lengrand (Sopra Steria) et Inès Hammami (Capgemini). Cette conférence a permis de comprendre les causes du décrochage féminin à mi-carrière, tout en mettant en lumière les actions concrètes menées par les entreprises pour fidéliser ces talents indispensables.

Comprendre l'attrition : au-delà des idées reçues
Perdre la moitié de ses talents féminins en cours de route est un échec collectif pour l'industrie technologique. Lors de cette table ronde, les intervenantes ont déconstruit les raisons de cet exode. L'objectif était clair : briser l'idée que ce départ est inéluctable ou lié à un simple choix de vie. Trop souvent, la culture d'entreprise, le plafond de verre, le manque d'équilibre vie pro/vie perso ou l'invisibilisation des compétences poussent les femmes vers la sortie. La discussion a démontré que le problème n'est pas l'attrait pour la tech, mais l'environnement dans lequel ces carrières doivent se construire.

Les leviers de rétention comme moteur d'employabilité durable
Si l'objectif est d'attirer les jeunes diplômées, la nécessité absolue est de savoir les garder. La deuxième partie de l'échange s'est concentrée sur les solutions concrètes. Le constat est sans appel : les entreprises doivent repenser leurs modèles de progression. Du point de vue RH et direction technique, cela passe par une flexibilité assumée, des grilles salariales transparentes et des programmes de mentorat actifs pour accompagner les transitions de carrière (passage au management ou à l'expertise pointue). Une idée marquante a été partagée : « Garder les femmes dans la tech, c'est accepter de transformer les règles du jeu pour valoriser les parcours non linéaires et l'expertise acquise. »

Vers un changement de culture systémique
Enfin, la question cruciale a été posée : comment inverser la tendance sur le long terme ? La réponse apportée par le panel souligne la responsabilité des organisations. Il ne s'agit plus de demander aux femmes de s'adapter à un système défaillant, mais bien de réparer le système. L'échange a mis en lumière l'importance d'une inclusion proactive qui dépasse les déclarations d'intention. Les intervenantes ont conclu sur une note forte : « L'avenir de la tech européenne dépend de notre capacité à retenir nos talents expérimentés. Inverser cette tendance, ce n'est pas seulement une question d'égalité, c'est le nouveau prérequis de la pérennité de nos entreprises. »
Cet article a été réalisé suite à notre événement Tech au Féminin du 4 juin 2026 à Station F.
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